La liberté en entrepreneuriat : ce qu’on ne dit pas toujours
by Aslam Bakkali Aug 26 2025
Quand j’ai quitté mon poste de directeur financier, j’avais ce mot en tête : liberté. Fini les horaires, fini le chef, fini les réunions inutiles. J’allais enfin pouvoir travailler quand je voulais, comme je voulais.
Je me voyais déjà passer mes matinées à réfléchir au calme, mes après-midis à rencontrer des clients enthousiastes et mes soirées à profiter de ma nouvelle vie d’indépendant.
Sauf que la réalité n’a pas du tout commencé comme ça.
Mon premier jour d’indépendant, c’était… le silence.
Pas d’appels. Pas de clients. Pas même un mail.
Alors j’ai pris mon téléphone, et j’ai commencé à appeler. Des contacts, des anciens collègues, des amis d’amis.
Et chaque jour, c’était la même routine : des coups de fil, des mails, quelques réponses polies… et souvent rien derrière.
Les semaines sont devenues des mois. Et chaque soir, je me posais la même question : “Est-ce que j’ai fait une énorme erreur ?”
La liberté, je la cherchais… mais je la vivais surtout comme une grande solitude.
Et puis, un jour, le téléphone a enfin sonné.
Un prospect avec qui j’avais échangé des semaines plus tôt voulait me rencontrer. Je me suis préparé comme pour un entretien d’embauche : chemise repassée, argumentaire répété, sourire vissé au visage.
La rencontre s’est bien passée, et quelques jours plus tard, j’ai reçu la phrase que tout indépendant attend : “On y va, je vous confie le projet.”
Je ne vous cache pas que ce soir-là, j’ai ouvert une bonne bouteille. Ce premier contrat n’était pas énorme, mais c’était la preuve que mes efforts n’étaient pas vains. La preuve que la machine pouvait se mettre en route.
C’est à ce moment-là que j’ai compris une vérité essentielle : la liberté de l’entrepreneur n’est pas immédiate. Elle ne se décrète pas, elle se construit. Et avant de la savourer, il faut traverser une zone de turbulence où le doute est parfois plus fort que la motivation.
Alors, est-ce qu’on est libres quand on est indépendant ? Pas au sens où je l’imaginais quand j’étais salarié. Mais oui, on l’est d’une autre manière : on est libres de construire quelque chose qui nous ressemble, même si cela prend du temps, de l’énergie et beaucoup plus de travail que prévu.
Et malgré les sacrifices, malgré les débuts difficiles, je ne regrette pas d’avoir fait ce choix. Parce que cette liberté-là, imparfaite mais conquise à la force du poignet, a une saveur unique.
Et vous, comment avez-vous vécu vos premiers pas en tant qu’indépendant ?
Était-ce la grande liberté rêvée, ou plutôt une liberté toute relative, à construire jour après jour ?